Excerpt for Haikus de Jarnac et poèmes courts by Normand Lebeau, available in its entirety at Smashwords




LeBouc










Haikus

de Jarnac


et poèmes courts


















Éditions Dédicaces








Haikus de Jarnac et poèmes courts


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Bibliothèque et Archives nationales du Québec


Un exemplaire de cet ouvrage a été remis

à la Bibliothèque d'Alexandrie, en Egypte














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LeBouc










Haikus

de Jarnac


et poèmes courts





























Préface





Tout événement fait naître les mots, parfois les maux, chez cet auteur : un sourire, un regard, un paysage, un événement quelconque et voilà que les mots se bousculent, les mots coulent, parfois chauds, parfois douloureux, parfois cyniques, mais toujours pleins d'émotions et de vie... de sa vie et de la nôtre!



Gilberte Boucher (Guérin, Abitibi)

Correspondante épistolaire

et lectrice de longue date

 




Les éléments


L'hiver, les zélés m'en bouchent un coin

Ainsi, Monsieur Éole s'en permet, écornant les flics sans contravention

Certains sinistres sévissent, à l'assemblée nationale comme ailleurs

Tout cela m'atterre, ciel, que d'éléments discordants!


La magie


La magie s'exerce au quotidien, sans même qu'on s'en aperçoive

Par l’intermédiaire d’un vol plané aviaire

ou les artifices mousseux d’une cervoise

Quand s’opère le gracieux ballet des naïades sur la rive

Ou les effluves alléchants d’une baguette française, badigeonnée de Moutarde dijonnaise venant titiller les papilles gustatives













Fragrances


Essence de soie

Vaporeuse nature

Insaisissable


Notes de tête

Mélodie enracinée

Notes de cœur













Cocher vif de la poésie


Ta douleur t’appartient, ta douleur est tatouée, comme l’ancre qu’on enfonce en nos plaies abyssales, un océan de souffrance tous azimuts - en nos ultimes profondeurs – humer les parfums du rigor mortis – rigueurs qui, sans marche arrière, amortissent


Philatéliste des percussions célestes et pelleteur de nuages à temps non perdu, les tintements de l'angélus sont pour moi des timbres euphoniques que je collectionne à toute ouïe









À la fin des libations, si vous êtes trop endormis ou si vous vous sentez trop vaches, gare aux beus… si vous prenez le veau lent!



Le Renoir et le corps beau

Maître Renoir tenait en son bec un pinceau

Et devant un miroir, se tenait un corps beau

Il tenait à vrai dire en son bec un fort hommage

Et ne point l’honorer eût été dommage

Mais pour en exploiter toute la palette

Seul un pinceau de première qualité pouvait faire trempette

Dans l’huile forte, ce rat mage

Humecta les poils de soi pour reproduire cette belle image









On se concerte, puis consentants, on escalade sciemment le sentier jusqu’à la cime, on se consume, on se consomme, Ahhhhh ce qu'on s'aime!




Au voleur!


Denrée fuyante s’il en est une, le temps ne fait pas de quartier

Comment gérer une entité aussi abstraite et surtout la partager…

Sinon en devenant avare de cet or impalpable?

Celui qui vole votre temps pour tuer le sien est-il une victime

ou un coupable?












Sécheresse – comme un vieux raisin sec qui rêvait d’être un grand cru


C’est le regard hébété que je vois s’écouler le reste de mes jours

Sans possibilité de les réinventer ni d’y attenter

Je vois filtrer le jour à travers ma vie et je ne m’y abreuve point


L’instant qui vient de s’échapper

Restera à jamais figé

Dans le filtre de l’intemporalité














Si seulement on pouvait s’améliorer aussi vite que s’accumule la poussière

Personne ne parviendrait jamais à nous dépasser

Mais sans compétition, même un porte-poussière s’ennuie


Tu as bu au goulot de l’infini

Mais jamais tu n’as pu étancher

Toutes tes soifs d’inconnu








À prendre à la lettre


C’est fou tout ce qu’on peut faire faire à une langue

Pour peu qu’on change une consonne ou une voyelle

Imaginez maintenant lorsqu’il est question de voyous!





L’arme à l'oeil/l’effusion municipale


Une liqueur de prunelle de long œil? La rive s’use

À l’heure de la fusion, le bourg grogne

L’ex-cité est excisée de son pouvoir, son nerf de naguère supputé

Le nervi suprême a sévi, l’énervé a vaincu, il répète l’histoire et Laval








Garde-lobes


Tu es une coquine, ça s’entend

Depuis notre première rencontre

Je n’ai qu’une idée, fixe, obsessionnelle…

Te manger les oreilles!






Dancing queen


Pseudonyme utilisé pour un réseau de rencontres virtuel

Elle dansa sur la toile pendant de longs mois

Mais son ballet s’acheva sur une note cruelle

Alors qu’elle s’étouffa avec une attache de pain,

une fin du cygne qui laisse baba








Clou de vie rough


Devant la pluie d’injures déferlant sur lui

comme un amas de météorites

Il succomba en poussant le hurlement final

Martelé de toute parts

Il devint le clou humain qu’on cimente au mur de la mort








Ô rare, l’enfant martyre


Ô rare, l’enfant martyre, ô éphémère la précieuse denrée

Une fois l’effet mère passé

L’enfant au rire communicateur se retirera

Dans sa bulle de vieillard avant terme

Jusqu’au jour illusoirement lointain où il sera de nouveau pris en charge









Blues qui déteignent


Ô de Javelle, Parisienne aux attraits irrésistibles

Toi, la plus racée des cruches, courtisane au format pratique

Essore mon cerveau, fais-moi pénétrer dans ta ruche

Inocule-moi un poison nouveau

Chante-moi une douce berceuse pendant que je te secoues

dans ma laveuse





Violent thé


La violence, on la voit et on la boit, sans vraiment la voir et sans vraiment y goûter

À chacun sa tasse de violent thé

Partout, elle s’infuse, le sang bout et les coups fusent

Masochistes, à vos marques, prêts, perlez…









Écran d’arrêt


Les gros plans meurent au rythme des coupures du fossoyeur d'images

Comment censurer sans surir?







Sens interdits


Les visionnaires religieux prétendent que les athées sont aveugles

Car ils n’ont pas Dieu pour voir

On dit que les sceptiques n’entendent rien,

car ils n’ont pas d’ouïe, non?












L’usure, ça fatigue son homme


Une serrure timide – a shylock








Calme et seringue


Après une longue nuit sans étoiles

Rien comme une injection de vie

Pour explorer l’intérieur de sa toile

Mais qui donc tient cette aiguille qui redonne

aux araignées toute leur poésie?










Macchabées, prononcez-vous!


Les corps se sont tus

Les esprits, ce sont vous

Depuis toujours, les pseudovivants attendent

la manifestation de vos vertus

Et si on vous presse, vous exprimerez-vous?






Un puits de savoir


Un puits de savoir

Où rôdent, imbriqués en ses parois,

Les cris demeurés en suspens

Des funambules du néant









Le retour du spring


Le doux temps a rebondi, est revenu

Et toi, doutant, tu t’interroges sur tes allées et venues

Le printemps est un happening

Ce ressort brisé en moi refait surface comme un spring


Rengaine de mai

Simplicité végétale

Journée de glandeur



Printanerie


Le printemps est un renouveau

Une pluie de sève universelle

Qui abreuve les cerveaux

En quête de sensations nouvelles


Le printemps tarde, tu parles d'un temps de marde!

Les visages sont mornes et longs

En l'absence du farceur jaune au visage rond

Il faut être à l'écoute de sa nature pour qu'il se révèle

Ah, le printemps! S'il n'est pas à l'extérieur,
il faut le chercher en dedans!



Des floraisons tardives


Ô printemps

Dépucelle les neurones

Des naïfs à la cervelle fromagée






Pulsions d’avril


Pulsions d’avril

Élans virils

Transports de sève

Adam traque Ève

Sortie côté larynx


Mon larynx est un métronome

Je suis un oiseau parmi les hommes

Je ne pratique ni yoga, ni zen

Je me ressource dans le pollen de l’âme; la musique est mon kérosène







Goûter


Goûter l’autre de tout son désir

Goûter l’antre d’où jaillit la vie

Goûter le ventre qui nous fait envie

Goûter la fleur-délice qui sous la langue frivole

ne demande qu’à s’épanouir










Ronde de paix


La musique est la panacée universelle

Contrairement aux langues et aux religions qui divisent

Elle nous fait vibrer à l’unisson, et forte de ce langage unique, pourrait

Si on la laissait mener le monde, instaurer la paix à la ronde







Creusez vos fosses, sceptiques!


À l’aube du onzième froissement de calendrier

La tristesse des âmes longe les murs lézardés

Affligées par le scepticisme de leurs ayants droit

Refusant un héritage mystérieux, mais non moins de bon aloi










Ruade poétiquement correcte


À cheval entre la joie et la colère

Même si l’obstacle est ténu

Elle tient à bien peu de choses, cette barrière

Dilemme de cheval… prise du mors ou retenue?






Poli et s'taire


Il faut souvent, en filée, ses gants blancs

Alors que la langue nous brûle, garder le silence des errements

Attendre son tour pour faire contrepoids aux salamalecs

Car le politique ment correct









Polis p’tits chiens


Dressés à l’école de la démagogie

Obéissant aux molosses du capital

Ils sortent à tous les quatre ans de leur niche

Font leurres les pires balivernes pour la pêche aux ouananiches

Le plus étonnant, c’est qu’ils s’en tirent toujours sans mal

Et quand ils se sont fait assez de fric sur notre dos, ils se font la malle







Si rose était mon foie


Je fus souvent gris à l’âge où j’étais vert,

ce qui m’a valu beaucoup de blancs

La dive bouteille m’a fait divaguer sur les vagues de noirs océans

Si pleines étaient mes bouteilles, si grandes étaient mes griseries

Si rose devint mon foie, toutes couleurs disparues, pavillons éteints









La Tropie (mis en trop, pis?)


Depuis qu’on m’a mis en Tropie,

je n’en suis sorti que lorsqu’il le fallait bien

Seul avec mes mots, mes manuscrits,

j’hésitais entre la Tropie et l’utopie

Jusqu'à ce que mes pas croisent ceux de mis en trop anciens

Délivrés par un courant synergique et,

dans un moment d’éternité, j’ai oublié la Tropie






Pour une foi


Il renia sa foi

La flanqua dans une enveloppe

Et l’APOSTAT!




Un doigt donneur…


Mon petit doigt me l’avait dit

Car ils se poussent toujours après avoir promis

Les moins nantis attendaient l’indexation

Une fois de plus, ils ont eu droit à la vexation

Les élus leur ont présenté le majeur

Plutôt que de tendre la main

Ils annulèrent leurs promesses, les vilains

Et leur firent un doigt donneur






Sur les doigts de la Main


Hier, il était homme de main, rue St-Laurent

Homme de Main

Principale artère des saignées interlopes

Il a mis à l’index tous les caïds fonctionnant à la force du poignet

Qui lui ont causé des problèmes majeurs... Finger!





Mésanges


Parcourez, mes anges, ces vastes étendues qui nous font rêver

Déployez vos petites ailes

Goûtez votre liberté avec zèle

Et planez dans ce nirvana auquel notre condition

nous empêche d’accéder







À kildir


Il était mortifié, mais ne savait à qui confier sa tourmente

Levant les yeux au ciel, il se demanda à qui le dire

Sinon au pluvier

Cet allié naturel et libre à la plume si leste







Grimoire


Me livrant à des trépanations alphabétiques

Je torturai allégrement le possesseur de la magie universelle des mots

Lui arrachant de longues plaintes

Et du même coup, ces sons qui m’apportaient tant d’extase







Panne des sens


Ils s’étreignirent, lui sans voir, tâtant, elle sans voix, guidant

Au-delà de leurs restrictions, ils vont vu et exprimé

l’invisible et l’indicible

L’homme était sans yeux, la femme était sans voix

Mais pour eux, jamais la vie n’eut autant de sens











La peau… hé si!


Poétesse, pour bien givrer ton vers, effleure du mâle beau de l’air

Laisse ta main baladeuse glisser vers l’aine, caresser le rein beau

Comme la poule des gens de marais pétrit le coq tôt

Joue dans le pré vert, excite l’apollinaire, transcende Poe et matière



Échappatoire dans le jeu, éludicité?

Mon jeu préféré se joue sur un matelas ou dans le pré

Allez, viens te prélasser avec moi dans le pré, puce!












À l’affût constant

De sensations grisantes

En état de veille







Haïku d’hormones


Pause libido

La sangsue alitée crue

Me dévorera












Un haïku – un vrai (un haï coup!)


Mon présent m’emballe

Mon pas sait et se souvient

Vive l’avenir!


Parler sans écho

Communier dans l’absolu

Lèvres closes

Absolue osmose















Tes yeux me causent

Communication tendre

Génie du sans fil


Le Maghrébin sert

Avec générosité

Des tasses de bon thé














Si tu veux du fric,

Toi, croyant, lève les yeux

Dieu a compte en cieux


Petit bout d’homme

Isolé par les normes

Petit boudin blanc












Amène muse

Ton séant pacifique

Hymnes caverneux






Amnésie


J’ai oublié tout

Dans le miroir de tes yeux

C’est à réfléchir












Ane à thème


Tête de mule

Ton cerveau et mes pieds

En symbiose


Condamné amour

Le bourreau des cœurs ment

Jusqu’à la litanie









Haïku d’automne


Une mijoteuse

Ça vous concocte de ces

Solutions songées






Haïkusin anglais

Timeless resonances


Sirens from distant times

Calling every living soul

Echoing the eternal truth

Enshrined in our abyssal memories





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