Sortir de l'impasse (2)
Après
Les
chênes qu'on abat,
Le
bout de l'impasse
et Sortir
de l'impasse (1),
ce billet est le quatrième de la série que nous consacrons à
l'absence de prospective en politique, notamment dans le domaine de
l'énergie.
Dans le billet de la semaine dernière, nous
avons exposé une première solution qui pourrait nous permettre de «
sortir de l'impasse » énergétique dans laquelle nous nous
enfonçons un peu plus chaque jour : le solaire spatial. Avant
d'aller plus loin et d'exposer une seconde solution, une précision
s'impose.
Nombre d'entre vous nous ont interrogé sur le
lien entre politique et énergie. En d'autres termes, pourquoi La
Lettre du Lundi,
dont l'essentiel des billets est tourné vers le politique,
l'économique, le social... s'intéresse-t-elle autant au secteur de
l'énergie, décrivant avec moult détails des technologies
naissantes et controversées ?
Pour répondre à cette
question, une mise en perspective s'impose.
Toujours
plus vite
Depuis la Renaissance et, plus
encore,
depuis
le
début de la Révolution industrielle,
la société « occidentale » a constamment augmenté sa
vitesse d’évolution. Ce
phénomène d'accélération s'est manifesté dans tous les domaines,
que ce soit l’évolution des idées politiques, les changements de
structures économiques ou les mentalités des individus (voir
notamment Le
Second Empire
en ce qui concerne la Chine, puissance désormais
« occidentalisée »).
Acteur
et victime de cette accélération constante, notre société est
aujourd’hui totalement incapable de la maîtriser.
D’où des phénomènes d’éclatement, de « liquéfaction »
des structures (voir notamment Welcome
to the Machine,
Révolution
ou jacqueries ?
ou Rêve
de HAL),
leurs dirigeants ayant abandonné toute velléité de prospective
pour ne plus se contenter que de réagir le plus vite possible à des
stimuli extérieurs.
Le trading de haute fréquence (voir
Le
temps des bulles),
qui consiste à acheter puis vendre (ou l’inverse) des actions,
obligations ou produits dérivés en quelques millisecondes pour
« engranger » un gain minime par transaction, mais que
l’on va répéter des millions de fois, symbolise parfaitement
cette évolution. Le corollaire de cette accélération constante et
du court-termisme qui en résulte, c’est l’abandon
de toute ambition visant à planifier des actions dans la durée.
Sous la pression de cette accélération, les
structures étatiques
– école, système de santé, justice, armée… - vont
« imploser » les unes après les autres,
laissant les individus « atomisés » et désemparés.
Dans cet environnement bouleversé, le pouvoir reviendra aux sociétés
transnationales, devenues les « seigneurs » de ce nouveau
Moyen Âge. Pour la quasi-totalité des individus, la servitude ou
quasi-servitude sera le lot commun.
Le
pari de Pascal
Pour qu’une nouvelle Renaissance – que l’on pourrait
définir comme la reconstitution d’un ordre social et de structures
sociales faisant de l’épanouissement de la totalité des membres
du groupe sa priorité – puisse éventuellement et ultérieurement
voir le jour, deux
conditions cumulatives
devront être remplies :